mercredi 16 avril 2014

N'aurais-je plus d'inspiration

Avec l'autisme, il y a un début... Il n'y a pas de fin, mais le début nous chamboule, nous vire à l'envers, nous amène dans un univers inconnu, nous apporte des défis qui nous paraissent, par moments, insurmontables.


Une journée... plusieurs journées plus tard, des milliers de jours après le début de cette aventure, on réalise que ce n'est plus le début. Ce n'est plus vraiment la mer déchainée, ni la tornade... C'est seulement devenu notre chemin à parcourir, sans vraiment de comparaisons, sans regarder chez le voisin, sans vraiment d'attentes. Car... avec l'autisme, s'il y a bien une chose... c'est que l'inconnu persiste, mais celui-ci devient moins envahissant, presque connu même.

Ce qu'on ne savait pas, on commence à le savoir... un peu, on se fait une idée... tranquillement pas vite, avec les milliers de jours derrière nous.  Cet inconnu, c'était par exemple de se demander s'il parlerait un jour, s'il serait autonome. Avec le temps, notre connu, c'est de savoir qu'on ne sait pas vraiment. Qu'une journée à la fois est ce qui nous occupe, est notre présent et notre futur un peu à la fois.

Il y a quelques mois, Tommy a été propre. À 100%. Mais le connu, fait qu'on prend une journée comme un succès, et non un acquis qui restera. D'ailleurs, après ces quelques mois propre, malheureusement, à la semaine de relâche, tout s'est reperdu au retour à l'école. L'inconnu, c'est de ne pas savoir quand la propreté reviendra à 100%. Le connu, c'est de savoir que ça peut être long, qu'il faut le prendre au jour le jour... Avec le temps, c'est comme ça. Notre inconnu est notre connu.

Cette prise de conscience c'est aussi réaliser que nous ne sommes plus dans le tourbillon, la tornade, la mer déchaînée, mais seulement dans notre quotidien avec un enfant autiste. On réalise que certains de nos questionnements ne sont plus, nos craintes se sont apaisées et ont laissé place à l'habitude... tout simplement.

Aujourd'hui c'était un autre plan d'intervention. Un de plusieurs, car nous en avons souvent deux pour les filles, et un pour Tommy... Mais ce n'est pas seulement le plan d'intervention, c'est aussi les rencontres avec les éducatrices ou autres intervenants qui font partis de nos vies depuis tout ce temps... Et pour ma part, c'est de réaliser que je n'ai pas vraiment de demandes... Je me suis habituée à notre quotidien, même si je vis toujours des doutes, des remises en question, des tentatives d'interventions parfois réussies, parfois échouées... mais j'ai l'impression d'avoir fait le tour de la question pour le moment.

Peut-être parce qu'on vit le tout multiplié par quatre? Alors les questionnements ont pour la plupart été répondu à travers un autre enfant... un autre rendez-vous, une autre évaluation...

D'ailleurs, on m'a demandé à ce que la minie soit évalué pour un déficit d'attention. Pour la première fois, j'ai même sentie une certaine inquiétude, insistance concernant la possibilité éventuelle, même rapidement si possible, de songer à la médication. Mais je n'ai plus de stress... pas pour le moment. Hier, nous avons rempli les questionnaires, sans vraiment d'attente, d'inquiétudes, de "ça presse", juste un questionnaire de plus dans la pile déjà débordante de tout ceux que nous avons remplis au fil des ans...

Je n'ai plus vraiment de "comment" qui me traversent l'esprit, car au fil de ces milliers de jours, je n'ai pas vraiment trouvé de réponses... J'ai juste appris que le comment était trop différent d'une famille à l'autre, d'un enfant à l'autre pour avoir une réponse absolue... et que tout change si rapidement, que je n'ai pas de solution permanente et qu'on recommence encore, des interventions passées, des interventions échouées à réessayer, des interventions qui ont semblé fonctionner mais de courte durée seulement. Dans le fond... on recommence, encore et toujours, mais c'est seulement devenu normal.




mercredi 9 avril 2014

Cet autisme qui nous fait avancer

Je l'avoue, ces temps-ci j'ai plusieurs idées, mais il me semble que j'ai de la difficulté lorsque c'est le temps de les mettre en mots. C'est pourquoi c'est plus tranquille, dû à un break bien mérité suite à la publication du livre, mais aussi car la promo demande quand même un peu de notre temps, à travers la vie familiale qui reste toujours la priorité numéro 1. 


Pour tout dire, ce texte me trotte dans la tête depuis le mois de mars, journée où je suis allée rencontrer une personne formidable, bien loin de chez moi, pour faire un premier lancement de mon livre Derrière l'autisme. Pour cette journée, un journaliste est venu nous rencontrer et je lui ai fait part à ce moment de cette réflexion... sans vraiment y réfléchir et peut-être même sans même en avoir pris conscience avant que les mots sortent de ma bouche.

"L'autisme, ça change nos vies, lance-t-elle, de toutes sortes de façons, on s'en rend compte avec le temps."  -- Article : L'autisme sous plusieurs formes 

En fait, j'expliquais à quel point, en dehors des épreuves "extras" qui s'ajoutent à notre rôle de parent, c'est toute notre vie qui change, ce que nous sommes, où nous sommes, où nous serons plus tard... 

Je reviens à notre adolescence, à la fin de nos études, lorsque se voit faire une carrière, avoir des enfants et être "comme tout le monde", jusqu'au jour où l'autisme vient tout chambouler, mais il ne faut pas le voir absolument d'une façon négative, plutôt que de prendre conscience que cela nous a amené "ailleurs". 

J'étudiais en informatique et je me voyais, un jour, mère à la maison. Je ne me voyais certainement pas écrire un livre, et encore moins, parler à un journaliste, faire des entrevues à la radio et présenter l'autisme devant plusieurs personnes. 

L'autisme? De kessé?  Car avant d'avoir des enfants, c'est tout ce que je connaissais de l'autisme. Rien. Juste une image d'un film dont je ne me souviens pas vraiment, même pas rain man. 

On change, car on doit se lever, car l'accès aux services pour nos touts-petits n'est pas venue seule, mais est venue de parents qui se sont levés et on fait valoir nos droits, ceux de nos enfants, le besoin, les manques... Car, si on leur avait dit qu'un jour ils manifesteraient pour l'autisme, peu d'entre-eux l'auraient cru.

Nous n'étions pas nécessairement des personnalités publiques, des personnes "dans le milieu" ni des manifestants... et pourtant, plusieurs sont devenus spécialistes, un peu malgré eux... sans vraiment le voir venir, ni même réellement avoir le choix. Ça c'est fait un peu tout seul, mais dû à un manque criant. 

Auteur(e), fondateur d'organismes à but non lucratif, directeur(trice) d'associations, créateurs...

Fondation Justine et Florence - Pour l'accès aux tablettes pour les enfants autistes. Créée par deux mamans d'enfants TSA.
Fondation OUFF - Pour l'accès à du répit pour les familles d'enfants handicapés. Créée par deux mamans d'enfants TSA.

La souffrance des envahis - Livre suivant le parcours d'une mère de deux enfants autiste. 

Le salon de l'autisme - Rêvé et mis sur pied par deux mamans d'enfants TSA.

Les pictogrammes - Créé par une maman d'un enfant TSA

IDEO picto - Créé par des parents d'un petit garçon TSA

Écoute mes yeux - Livre écrit par une maman d'enfant autiste


Il y a en tellement d'autres qu'il m'est impossible de tous vous les présenter... Mais ils ont une chose en commun, c'est qu'ils n'ont jamais cru qu'ils seraient où ils sont aujourd'hui, à cet instant même...  et ils continuent d'avancer. Pour eux, pour leurs enfants, pour la cause, pour les autres... tout comme moi, lorsque j'ai commencé à écrire, tout comme je continue d'avancer, de grandir, de plusieurs façons que je n'aurais jamais cru, car revenir en arrière, si on m'avait dit que je parlerais un jour de l'autisme devant plus d'une centaine de personnes, je ne les aurais pas cru. Je n'aurais pas cru que je rencontrerais aussi facilement, aisément autant de nouvelles personnes, qui m'apportent toutes un petit quelque chose, qui prouve aussi que l'autisme, ça nous a mené loin... 

L'autisme, on ne le souhaitait peut-être pas. Principalement car on ne savait pas tout ce qu'il pouvait nous apporter, en dehors des batailles, des joies et des peines... il y a bien plus. 

jeudi 3 avril 2014

Le mois de l'autisme, un mois pour tous...

J'avoue que je ne sais pas trop quel titre utiliser pour ce message.

Ce mois-ci, c'est le mois de l'autisme, l'autre mois, c'est un mois sur le cancer X et le mois suivant sur un cancer Y.

Le mois de l'autisme, c'est faire parler, sensibiliser, expliquer aux gens ce qu'est l'autisme... même si on répète toujours et encore les mêmes choses.

L'an dernier, j'avais écrit un texte sur ces gens qui gravitent autour de nos enfants. Vous savez, les enseignants, directeurs, éducateurs spécialisés et autres spécialistes de l'autisme... et je veux y revenir aujourd'hui, mais sous une toute nouvelle note, car aujourd'hui, j'ai eu cette conversation qu'on ne peut oublier, qui va rester là longtemps, qui nous fait grandir, qui nous rappelle bien des choses.

Lorsque du jour au lendemain on atterrit dans le monde de la différence, peu importe laquelle, on devient un peu intolérant à tout le reste. C'est une phase du choc du diagnostic ou des hypothèses, on la traverse tous à un certain point. On vit tellement intensément nos propres émotions, qu'on en vient à oublier un peu tout ce qui nous entoure.

Les idées se bousculent dans ma tête alors que ce que je veux écrire est simple et complexe à la fois. Peut-être parce que ça se vit, et c'est difficile à exprimer noir sur blanc.

Il faut le dire, on vit des défis intenses, des peines, des grandes joies, et parfois, on oublie que bien des gens qui nous entourent peuvent vivre aussi des événements, à leur façon, qui leur amène les mêmes émotions... même si parfois, à ce moment difficile de notre vie, on a l'impression qu'ils se plaignent pour rien.  La différence nous fait oublier... et en ce mois de l'autisme, j'ai eu envie d'en faire un jour du souvenir. Sortir de l'oubli, sortir un peu de notre monde différent pour se rappeler tout ce qui nous entoure.

L'autisme, ça ne touche pas tout le monde. Comme ce serait malhonnête de dire que j'ai le temps et l'intérêt de m'arrêter à toutes les causes que je vois passer à la télé, sur les médias sociaux ou en sortie. Sclérose en plaques, maladies mentales, cancer du sein, de la prostate, les personnes aveugles, paralysie cérébrale.  En ce mois de l'autisme, on va parler, on va sensibiliser, et on va être parfois déçus... vous savez, de ces gens qui ont l'air de s'en foutre... vraiment. Alors que dans le fond, on ne peut pas se qualifier de mieux qu'eux, car nous aussi, pris dans le tourbillon de notre vie, on oublie, on passe à côté, on se fout un peu de... Parce que c'est comme ça, c'est juste normal de ne pas porter attention à tout ce qui nous entoure.

Ce message, c'est pour les autres, c'est pour tout ce qui continue d'être autour de nous, mais que parfois dans notre propre tourbillon, nous oublions...et nous tolérons parfois moins, pas par méchanceté, mais plutôt selon les épreuves du moment que nous vivons. Les autres, c'est notre entourage, qui ne nous dit peut-être pas toujours ce qu'ils vivent. C'est notre voisin qui a l'air "bête" ou qui semble intolérant à notre enfant...  Les autres, ce sont ceux qui entourent nos enfants... éducatrices, cpe, éducatrices spécialisées, enseignants, ergothérapeutes, orthophonistes... Ces gens qui travaillent avec nos enfants, avec qui nous sommes parfois peut-être un peu sévères... sans le vouloir, d'une déception d'une absence de plus alors qu'on nous promet un nombre d'heures avec notre enfant, la déception d'appels manqués, celle d'avoir l'impression que le courant ne passe pas... Ce serait mentir de dire que ça va toujours bien avec ces gens qui gravitent autour de nos enfants, pas qu'ils ne font pas bien le travail, mais pour de multiples raisons, en tant que parents nous vivons des déceptions parfois... Mais ces gens, ceux dont on ne parle pas assez souvent, qui se tiennent droits devant nous, qui sourient... dans notre tourbillon de sentiments, on les oublie parfois, en tant qu'êtres humains, en tant que parents eux aussi, en tant que personnes....

Je suis vague, car je fais toujours attention pour la vie privée, mais il y a une chose, c'est qu'en ce mois, je tenais encore une fois, à leur laisser un petit mot, mais cette fois, pas en tant qu'éducateur passionné ou enseignant dévoué... mais juste en tant que personne, qu'il ne faut pas oublier. Eux aussi, ils ont parfois leur tourbillon, malgré qu'ils gardent le sourire devant nous et parfois... je crois qu'on peut être durs, devant des gens qu'on ne connait pas, et si on savait, on s'en mordrait les doigts, car dans notre sentiment parfois de deuil, on oublie que certains peuvent nous comprendre plus qu'on ne le croit.

** ce n'est pas un message général où je dis que les parents sont méchants envers les autres... juste, une journée, pour se souvenir...  Car j'ai déjà été dans ce sentiment, cet état d'esprit, d'oublier ce qui m'entoure... alors je tenais à l'écrire, pour d'autres qui sont peut-être à cette étape de leur vie... Alors, le mois de l'autisme, c'est aussi d'en profiter pour des petites prises de conscience. **

*** Ce texte n'a pas été relu avant d'appuyer sur le bouton "publier" et a été écrit avec des doudous sur la tête, les yeux à moitié caché par un petit bonhomme qui a décidé que je devais rester caché sous les doudous.  Ceci dit... ma pause est finie! ***




mardi 1 avril 2014

Mois de l'autisme. Jour de l'autisme. Bleu.

*** Avertissement! Ce message pourrait ne pas faire l'unanimité, mais dans le fond, je n'en ai aucune idée encore puisque je ne l'ai pas encore écrit au moment où je fais cet avertissement. ***


Il y a longtemps, et pas vraiment à la fois, j'étais très impliquée dans la sensibilisation lors du mois de l'autisme, c'est-à-dire, le mois d'avril. Il faut dire qu'il y a longtemps, et pas tant que ça à la fois, les gens ne parlaient pas vraiment du mois de l'autisme ou la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, c'est-à-dire, le 2 avril.

Les choses ont changé dans les dernières années et c'est dans le positif. Plus de parents sortent de l'ombre, plus de témoignages de tout genre, tout aussi bons et importants les uns que les autres... Plus de médias parlent de l'autisme au mois d'avril, plus d'activités de sensibilisation etc... etc...

Il y a quelques temps, sur une de ces nouvelles pages sur facebook, créée récemment, la personne a fait de magnifiques signets de sensibilisation. Vous pouvez la visiter ici ---> Troubles du spectre de l'autisme. Je lui ai dit que ça tombait bien, juste à temps pour le mois de l'autisme. Celle-ci m'a répondu, mais l'autisme, c'est pas juste un mois. S'il y a bien une chose pour laquelle je suis d'accord, c'est bien celle-là. Toutefois, le mois de l'autisme, si ce n'est pas LE mois de l'autisme, c'est le mois de SENSIBILISATION et ses images tombaient piles dans le bon temps. Vraiment! D'ailleurs, rapidement, celles-ci ont fait le tour de facebook. (j'ai un autre sujet en tête à ce sujet!).

Aujourd'hui, on en parle plus, mais de l'autre côté, il faut avouer que c'est du pareil au même et que moi, personnellement, c'est une portion de travail que je laisse à d'autres qui le font très bien. Les associations sont très actives, les médias de plus en plus... alors honnêtement, je ne sais pas ce que cette année, après plusieurs années, je pourrais apporter de nouveau lors du mois de l'autisme. Mais cette constatation est aussi un aveu. Je n'affiche pas de bannière sur ma page personnelle concernant le mois de l'autisme, ni l'éclairage en bleu ou même l'habillement en bleu lors de la journée mondiale de l'autisme. J'avoue que ces moyens de sensibilisations, peu importe la cause, me rejoignent de façon personnelle, très très peu. Car, honnêtement, je ne sais pas ce que ça apporte aux malades du cancer de savoir que des hommes portent la moustache en novembre. Lorsque c'est fait concrètement comme j'ai vu, avec des levées de fond, c'est une autre histoire. Je comprends que les symboles sont pour montrer que nous appuyons une cause, mais très personnellement, si je mets une ampoule bleue sur mes lumières extérieures, je sais que mes voisins ne sauront pas pourquoi et n'en auront probablement rien à f.....

Dans le fond, j'aime parler de l'autisme, tous les jours de l'année, pas seulement en avril. Toutefois, avril c'est un peu notre mois, et ça, j'y crois encore, même si moi j'ai moins le temps à y accorder, heureusement, aujourd'hui, en 2014, plusieurs ont pris la relève et une superbe relève je tiens à le mentionner. Fondations, page facebook, groupes de parents, associations...

Aujourd'hui, je n'ai pas accourue vers mes lumières bleues, et même, j'avoue, les années précédentes, le 2 avril je n'ai même pas pensé habiller mes enfants en bleus... parce que dans la réalité, le matin du 2 avril, reste un matin comme les autres... comme le 31 mars, le 10 octobre, le 21 novembre...  alors dans ma routine, la tête est un peu ailleurs que penser à mettre un chandail bleu alors que je suis à moitié endormie... mais aussi, car ça ne me rejoint personnellement pas vraiment.

Aujourd'hui, c'était une journée comme les autres... comme la veille et comme demain. On a fait notre routine, ménage, repas, on a profité du soleil, Tommy est entré à la maison et s'est garoché devant son jeu d'ordinateur.... La grande a fait ses devoirs, les filles ont joué au poisson d'avril toute la journée... Le bébé aux autos... et dans l'eau, ses deux passions.

Parce que le mois de l'autisme, c'est aussi une journée "comme les autres".




Bon mois de l'autisme à tous! Faites de votre mieux, à votre image!

mercredi 12 mars 2014

Non, je ne suis pas une super woman!

Je devais m'embarquer dans un gros projet pour le livre pour comprendre que je ne suis pas encore rendue "là" dans ma vie.

Le livre, certains qui me suivent depuis des années, se souviendront d'où il part.

Il y a eu cette époque, pas très longue je l'avoue puisque par la suite je n'ai juste pas eu le temps d'y repenser vraiment, où je me questionnais sur mon futur. J'ai laissé un emploi que j'aimais beaucoup et ensuite, mes projets ont été laissé de côté, faute d'énergie, de temps... et d'un peu de tout.

C'était une journée d'hiver où j'écrivais sur la sensation d'être sur pause.

Une personne a lancé l'idée du livre. Et quelques messages plus tard, d'autres gens lançaient la même idée.

Elle a fait du chemin, et en avril je commençais à écrire. Mais comme je n'étais vraiment pas une super woman, et surtout très occupée, que je n'étais pas certaine que je voulais le faire, faire payer les gens etc.. j'ai laissé tombé.

Aujourd'hui, il y a plus d'un an que j'ai repris le projet, mais de façon intensive, environ six mois.

Je peux l'affirmer maintenant, à quelques jours de la sortie officielle, que non, je ne suis toujours pas une super woman mais j'avoue que parfois...

Ces temps-ci, je jongle avec le livre, les courriels, les projets de lancement, les commandes, la validation de l'impression, les enfants, les congés, les petits bobos, la fatigue des enfants, les microbes, le manque de temps, le manque de gardienne...

Pourquoi j'en parle? Car j'avoue être déçue d'une certaine façon du temps que demande le livre versus le temps réel que j'ai à accorder à ce projet alors que j'aimerais poursuivre autant que possible aussi mes écrits sur le blogue, mais aussi car mon rôle principal est celui de maman à la maison!

Saviez-vous à quel point ce rôle est méconnue? Mère à la maison. Mère à la maison d'enfants différents.

Un jour on m'a dit que j'étais chanceuse. "Au moins tu as du temps pour toi!"

J'ai failli m'étouffer! J'ai eu envie de mordre, envie de que j'ai retenue.  Bon, on a essayé de se rattrapé autrement, en disant qu'au moins, je n'avais pas à me casser la tête avec les congés.

Bon, trois enfants à l'école, deux écoles différentes, deux commissions scolaires différentes et un bébé à la maison. Les filles qui reviennent diner, l'école qui fini très tôt, leur frère qui n'a pas d'école le mercredi après-midi, les congés des deux écoles qui ne sont pas les mêmes puisque ce n'est pas la même commission scolaire.  Peu de temps pour aller faire les commissions sur semaine. Lundi dernier, j'avais rendez-vous à la clinique pour la minie. Simple?

Bon, Tommy était en congé. La minie était malade. Le bébé devait suivre. La grande revenait de l'école avant que je puisse revenir du rendez-vous chez le médecin.

Ensuite, vous avez déjà essayé de discuter avec le docteur alors qu'un bébé hurle pour des autos et l,autre cri de ne pas vouloir y être? Seulement deux chaises pour s'asseoir!  Bref, j'ai été chanceuse, j'ai trouvé une gardienne. Ne pas me "casser la tête" ?  Tout le contraire!

J'ai rajouté là-dessus le livre???  Mais bon, je suis à la maison j'ai tout le temps pour moi non?

En réalité, présentement le bébé demande beaucoup d'attention. On va jouer dehors, on fait du ménage, la routine d'une maman à la maison... et à travers, j'essaie de gérer la page web!

Mais j'ai oublié d'ajouter, il  ya aussi les rencontres de bulletins! Les plans d'interventions... les rendez-vous chez le doc etc. .etc..

Les bulletins. En début d'année, lorsque la minie a commencé la maternelle j'ai demandé à ce qu'elle passe un test avec la psychologue si possible.  Évidemment, ça n'a pas été fait. Ce n'est pas un reproche, mais surtout, une non-surprise.  Mais, nous sommes en mars. La minie puce s'épuise de jour en jour avec l'école. Son attention diminue grandement et là, c'est problématique. Suffisamment pour qu'on demande à ce que je rencotnre le médecin et que celle-ci soit mise sur la liste d'attente pour l'évaluation avec la psychologue. Quelle surprise!

Le moins prochain va être très occupé, et c'est ainsi que j'ai compris, que non, je n'étais toujours pas super woman, mais que j'ai repensé à ce texte de l'époque où j'étais sur pause. J'ai compris, que non, peut-être que je ne suis pas sur pause, mais je n'ai toujours pas plus de temps pour moi, du temps pour penser à mon futur, une carrière... alors que je me suis embarquée dans un projet qui demande beaucoup d'investissement que je ne peux pas vraiment me permettre pour le moment.

Mon rôle principal est encore maman à la maison, probablement pour quelques années. C'est un constat que j'ai fait... même si je le savais déjà.



(ce texte écrit un peu n'importe comment n'est pas une plainte, seulement un moyen de donner signe de vie à travers la réflexion que j'ai eu récemment. Les sujets sur l'autisme sont toujours dans ma tête, mais comme je ne suis pas une super woman ;)   )

lundi 24 février 2014

Un silence bien explicable

C'est l'hiver, les virus prennent un petit peu de places dans la maison... Pas trop, mais juste un peu.

J'avoue qu'avec le travail du livre qui nous demande tout notre temps libre, je n'ai pas de temps à accorder au blogue, ou même le temps de réfléchir à des nouveaux textes pour le moment.

Pour faire un résumé de notre petite vie un peu trop occupée ces temps-ci...  (mais quelle idée m'a traversé l'esprit de faire un livre à mon compte!!!!), en fait... c'est la routine quoi.

Tommy est dans un monde "bulle" ++++. Ce qui signifie les jeux de doigts devant le visage, se sauver lors du repas et nous qui devons retourner le chercher 2-3-4-5-6 fois...

La minie feel... fatiguée, lunatique, aucun focus, à en virer un peu fous. J'avoue que de constater qu'elle n'est pas bien dans cette situation, ce n'est pas non plus facile. Je me demande même si une salle blanche réussirait à régler le problème extrême d'attention des dernières semaines.

La grande va assez bien, mais le retour en classe n'a pas été facile, s'ajoute une remplaçante pour quelques semaines, des changements imprévus, un papa qui a travaillé beaucoup d'heures supplémentaires et une grande dont les "horaires" se brisent dans sa tête!


Alors voilà, ce n'est peut-être rien, mais j'avoue que ma tête est très occupée sur le projet du livre dont voici un petit aperçu:


CLIQUEZ sur l'IMAGE pour un aperçu du livre!
Derrière l'autisme

Le livre vous intéresse? Vous pouvez visiter www.derrierelautisme.blogspot.ca pour tous les détails sur la façon de vous le procurer. Sortie prévue à la mi-mars... profitez de l'occasion pour être dans les premiers à recevoir le livre!!!

mercredi 12 février 2014

Impuissance

Il y a de ces phases qui passent et qui viennent...

Ces temps-ci je peux affirmer que cela va assez bien avec les enfants. Tommy n'a pas eu de régression de propreté depuis Noel, les filles s'amusent bien, sont assez de bonne humeur en général, le bébé est en pleine forme.

Pourtant... il y a ces semaines où on dirait juste qu'on paye un peu pour la pause qu'on a eu...

La semaine passé le bébé s'est transformé en démon cornu le temps d'une soirée. Même le lendemain il n'était pas "lui-même". Sans être chialeux, il était difficile... à sa façon.

Depuis une semaine, il ne mange plus de fruits... plus vraiment de légumes facilement et il a même boudé son fromage. Je me suis ramassée qu'il ne dinait plus et on se bat avec pour le souper.

La grande est allée dormir chez son grand-papa. Elle était contente, heureuse, souriante... jusqu'à son retour.

Le bébé me parle souvent dans la journée, en chinois. Je ne comprends presque rien de ce qu'il me raconte. Il me suit partout, c'est un vrai petit chien de poche, mais de l'autre côté à part que je sois assis à côté de lui, il ne participe pas vraiment à des activités... pas longtemps du moins. Donc finalement, je me fais tirer un peu partout, mais je ne sais pas trop quoi faire avec lui.

Les filles ne veulent plus manger une à coté de l'autre. Même si elles le font, les deux ne sont pas contentes à leur façon. Une chigne, l'autre pleure.


C'est pour dire, qu'il y a ces périodes où on se sent tellement impuissants.

Quand la grande est partie chez son grand-papa, j'avais une minie qui avait le coeur brisée. On a tenté de faire des petits spéciaux pour qu'elle se sente elle aussi privilégiée à sa façon.

Quand la grande est revenue de chez son grand-papa, c'est elle qui pleurait. Elle a pleuré plus d'une heure en arrivant... encore un bon moment à l'heure de se coucher, encore le lendemain matin au réveil et dans la journée. Tout la dérangeait. Tommy qui jouait avec une caméra, la minie qui jouait à un jeu vidéo qu'elle n'avait pas joué depuis longtemps donc ce n'était pas normal pour la grande... Elle pleurait des "privilèges" que la minie a eu... (un seul en fait) même si elle en avait eu bien plus. Elle m'a dit que nous n'étions pas gentil à son retour alors que tout était "comme d'habitude". Mais pas pour elle... c'était juste trop.

Qu'est-ce qu'on peut faire pour apaiser ce genre de peine? Car je n'avais aucune idée et ce n'est qu'un sentiment d'impuissance qui a fait surface... tentant de la consoler du mieux que je pouvais.

Il y a en plusieurs comme ça. Le bébé qui me parle en chinois, ou bien lorsque j'essaie de lui expliquer quelque chose que je sais qu'il ne peut pas comprendre... Les repas... les milles et une tactique qu'on doit avoir pour qu'il mange un peu... Mon impression de ne pas en faire suffisamment pour lui.

Et il y a cette minie. Qui est toujours aussi fragile, qui pleure toujours autant, dont les larmes escaladent si haut que je ne sais plus comment la faire redescendre à travers ces cris qui finalement, au bout du compte, finissent par nous faire voir rouge. C'est qu'elle ne se raisonne plus et ne fait que pleurer.

Tout à l'heure, c'était parce que sa soeur la regardait. Alors qu'elle voulait supposément jouer au défi que sa soeur ne devait pas la regarder.... Et au dodo, ce sont les images dans sa tête qu'elle n'aime pas.

Après avoir tout essayé, calmement, patiemment... ça devient difficile. Finalement, je l'ai saisi... juste pour qu'elle m'entende à travers ces cris. Et ensuite... après les milles et une solution qu'elle refusait d'entendre et d'accepter, j'ai fini par l'emballer très fort dans une couverture.. un petit cocon, juste pour qu'elle cesse de crier et que son corps se calme.

Mais dans le fond.. je n'ai jamais l'impression d'aider... seulement de panser les blessures...

Bref... il y a ces moments comme ça, qui viennent et qui passent.

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